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09 février 2012
Le mystère du lac Vostok, 4 kilomètres
sous
L’Antarctique.
Latitude : 78
degrés 27’ S
Longitude : 106
degrés
50’ E. A.vds *************
Lac Vostok : la surface atteinte ! Par Cécile Dumas Après plus de deux décennies de
forage, les scientifiques russes confirment qu'ils ont bien atteint la
surface du lac sub-glaciaire Vostok, en Antarctique.
Valeri Loukine, le directeur du programme
russe en Antarctique, a confirmé ce mercredi que son équipe a bien
atteint la surface du lac Vostok, le cinq février dernier. Des rumeurs
annonçant la nouvelle circulaient depuis le début de la semaine. Elles
sont aujourd'hui confirmées. En
février 2011, Valeri Loukine et ses collègues avaient stoppé le forage
le 5 février et quitté le site le lendemain alors qu’ils étaient arrivés
à 3720 mètres de profondeur et qu’ils ne leur restaient plus que 29
mètres à forer, selon les informations données à l’époque par Loukine.
Cependant,
les derniers mètres sont les plus difficiles : il faut
éviter que la pression de la glace rebouche le trou de forage. De plus à
une telle profondeur la glace est proche de son point de fusion, elle
fond au contact de la lame et gèle sur le couteau de forage. "Il n'y
a aucun autre endroit sur Terre qui a été isolé pendant plus de 20
millions d'années", a déclaré Lev Savatyugin, un chercheur de la
mission. "C'est une rencontre avec l'inconnu."
La
carte des lacs subglaciaires en Antarctique (triangles rouges). Le lac
Vostok (dans l'Est) est le plus grand. Le triangle jaune indique la
station de recherche russe Vostok.
L’étude
des carottes de glace de Vostok a déjà largement contribué à l’étude du
climat passé de la Terre et aux relations entre température et
concentrations de CO2. Atteindre l’eau, préservée de tout contact avec
l’atmosphère depuis au moins 500.000 ans, est un autre défi, à la fois
scientifique, technique et politique. Les Soviétiques, puis les Russes,
s’y attèlent depuis 1989. Stoppé à 2.500 mètres au début des années 90,
le forage a repris avec l’aide de chercheurs français (LGGE, IPEV) et le
soutien américain. Il a atteint 3.623 mètres en 1998. Depuis
2005, le programme dirigé par Loukine s’est fixé pour objectif
d’atteindre les eaux du lac sub-glaciaire -une réserve de 5.400 km3
d’eau- afin de découvrir si des formes de vie s’y sont développées. Et
de savoir par extension ce qui pourrait exister sous les glaces
d’Europa, la lune de Jupiter.
Cependant, l’intérêt scientifique des échantillons qui seraient
aujourd’hui prélevés dans le lac Vostok fait débat. Il y a en premier
lieu de risque de contamination : ces dernières années les Russes ont
remplacé le fluide à base de kérosène utilisé pour maintenir le trou de
forage par un fluide à base de silicone. Mais comment ne pas contaminer
une eau aussi pure ? Les
analyses menées sur la glace de regel de Vostok –prélevée à 3.700
mètres- montrent que «les eaux sont très pures, voire stériles»,
expliquent Jean-Robert Petit. «Les seuls signes de vie qui ont été
mis en évidence sont donnés par des signatures ADN de bactéries
thermophiles trouvées dans des inclusions de sédiments. Ces bactéries
vivant dans les sources chaudes proviendraient de niches profondément
encastrées 2 ou 3 km dans les failles du socle rocheux». La
France s’est rangée à l’avis du comité scientifique pour les recherches
en Antarctique qui recommande de laisser une épaisseur de glace de 25
mètres pour préserver l’intégrité du lac. Côté britannique, une équipe
du British Antarctic Survey (BAS) s’est lancée dans l’exploration d’un
autre lac sub-glaciaire, le Lac Ellsworth, plus petit (18 km2) situé
sous 3,2 km de glace. Un jet d’eau très chaude à haut débit remplace le
kérosène comme fluide de forage afin d’éviter la pollution et réduire
les risques de contamination - qui ne peut pas être totalemnt écartée.
Le lac Vostok va livrer ses premières gouttes, et ses secrets
Olivier Dessibourg
Après vingt ans de forage, les scientifiques
russes auraient atteint cette célèbre étendue d’eau préservée, lovée
depuis des millénaires sous la glace de la calotte polaire de
l’Antarctique, et qui pourrait contenir des formes de vie totalement
inédites Publicité
C’est une lorgnette qui s’entrouvre sur un monde
mystérieux! Après plus de vingt ans de travaux, les chercheurs de la
base russe de Vostok seraient parvenus dimanche à pénétrer dans le
fameux lac du même nom, lové à 3768 mètres sous la calotte glaciaire de
l’Antarctique,
selon l’agence de presse Ria Novosti, citant une source proche des
milieux scientifiques. «Mes collègues semblent l’avoir fait»,
confiait lundi au Temps Sergey Bulat, biologiste moléculaire à
l’Institut de physique nucléaire de Saint-Pétersbourg. Dans cette poche
d’eau douce qui n’a pas vu le jour depuis 14 millions d’années, les
scientifiques comme lui espèrent trouver des formes de vie inédites.
Mais pour cela, il faudra encore attendre une année, l’équipe ayant
désormais quitté sa base avec la fin de l’été antarctique. Confirmé par des mesures satellites en 1993, le
lac Vostok est une étendue vaste de 15 500 km2 enfouie sous le désert de
glace austral, contenant 5400 km3 d’eau, soit un peu plus de neuf fois
le Léman. Il n’est que l’un des quelque 200 lacs similaires, que
certains scientifiques voient connectés par un vaste réseau de canaux.
Ceux-ci estiment donc que l’eau n’y est vieille que de quelques dizaines
ou centaines de milliers d’années, tandis que d’autres avancent que,
stagnant, le liquide pourrait remonter à l’époque de la formation de la
calotte, il y a de cela 15 millions d’années. Depuis une trentaine d’années, les
paléoclimatologues extraient de cette gangue de glace à Vostok des
carottes pour tenter de reconstituer l’histoire du climat de la Terre.
Vers la fin des années 1990, les Russes, se sont aperçus qu’ils avaient
atteint la «glace d’accrétion», autrement dit l’eau du lac qui gèle au
contact de la base de la calotte, et forme alors une couche distincte.
Or, surprise: un groupe de biologistes américains emmenés par
John Priscu, de l’Université du Montana, a assuré avoir
décelé dans cette eau gelée une concentration importante de bactéries,
soit autant d’infimes représentants d’une communauté biologique
peut-être inconnue.
Le lac Vostok est la plus grande étendue d’eau
subglaciaire. Elle contiendrait une vie inconnue
En dessous de la
calotte «soulevée», cette image de synthèse révèle les 476 lacs
subglaciaires dont le Vostok (entouré d’un cercle) est de loin le plus
grand. Image: DR
Cette découverte
spectaculaire est entourée d’un mystère aussi épais que la glace
antarctique. Officiellement, les Russes affirment avoir percé le lac
dimanche dernier. En fait, le percement date du lundi 30 janvier.
Comment en être sûr? Parce que le bureau moscovite des Editions Paulsen
a reçu l’information le mardi 31 janvier, directement des glaciologues
de Vostok! Cet éditeur de nombreux ouvrages scientifiques et littéraires
sur les pôles appartient à l’explorateur et industriel Frederik Paulsen,
bien connu des Vaudois. Pourquoi les
Russes ont-ils maintenu une semaine durant ce black-out? Parce qu’une
fois leur succès assuré, ils ont fait venir une délégation officielle
sur leur base, pour annoncer la nouvelle. A sa tête, le ministre russe
des ressources naturelles, Youri Trudnev, et le patron de l’institut
Roshydromets Alexandre Frolov, qui supervise l’exploration polaire
russe. Vie terrestre
et extraterrestre? En effet, les
carottages de glace profonde débutés en 1989 par les Russes ont déjà
révélé des traces d’ADN de bactéries issues de la glace d’accrétion du
lac (produite par l’eau du lac dont la voûte regèle au contact de la
calotte qui la surplombe). Si cette découverte se confirme dans l’eau du
lac, cela pourrait donner une idée du type de vie possible sur Europe,
l’une des lunes de Jupiter, recouverte de glace. Questions sans
réponse L’histoire de ce
forage est à elle seule un roman. Vostok a été installée en 1957, à
l’emplacement du pôle géomagnétique sud. C’était le lot de consolation
accordé à Khrouchtchev, puisque les Américains s’étaient arrogé le pôle
Sud géographique. Très vite, on a soupçonné l’existence d’un grand lac
subglaciaire à cet endroit. En 1989, le forage actuel a débuté, avec, au
début, la seule intention de comprendre l’évolution du climat à travers
les âges – les bulles d’air emprisonnées dans la glace sont la mémoire
du temps. Forage coûteux «A partir de
1000 m de profondeur, la pression de la glace est telle qu’elle ferme le
trou, explique Christian de Marliave, conseiller scientifique des
Editions Paulsen et l’un des meilleurs connaisseurs mondiaux des pôles.
Pour empêcher le trou de se fermer, les Russes ont donc utilisé un
mélange de kérosène et de fréon.» Pour les derniers décimètres, dans une
glace à - 0,8 degré, ils affirment avoir mis de l’huile de silicone,
moins polluante. Ils misaient surtout sur la pression du lac, qui devait
faire remonter l’eau dans le trou de forage et, en gelant, créer un
bouchon évitant toute pollution. «Les Russes sont
restés à Vostok plus longtemps que d’habitude pour réussir leur coup,
raconte Christian de Marliave. Car ailleurs en Antarctique, les Anglais
veulent forer l’an prochain le lac Ellsworth – on a recensé 473 lacs
sous la glace –, à l’eau chaude, ce qui va plus vite mais ruine toute
possibilité de carottage». De grands
enjeux Informations
scientifiques contre aide logistique, les Russes savent le parti qu’ils
peuvent tirer de leurs connaissances du terrain polaire. L’Antarctique
demeure un sanctuaire, mais la présence à Vostok du ministre russe des
ressources naturelles montre qu’il n’y a pas, tout au sud de la planète,
que l’eau pure vieille de 400 000 ans comme enjeu géostratégique.
(24 heures) La base russe de Vostok dans l'Antarctique
Le Lac Vostok ( image de synthèse)
Le mystère du lac Vostok, reposant à 4 kilomètres sous
l'Antarctique, s'apprête à être levé selon leWashington
Post. Si ce lieu n'est
pas
unique sur Terre, il est le seul à avoir été
aussi longuement et entièrement coupé du monde.
«Si les Russes y pénètrent comme prévu la semaine prochaine, ce
sera le cap de plus de 50 années de recherche dans ce qui est considéré
comme les pires conditions dans le monde –où la température de surface
baisse à 100 degrés sous zéro.»
En 2001, son cas particulier a d'ailleurs fait l'objet du
documentaire,
Un lac sous la glace, de Jonathan
Renouf.
«Ce biotope est le seul de notre planète à être resté totalement
à l’écart des évolutions des espèces animales et végétales.»
Après 20 ans de forage à travers plus de 3km de glace et de
nombreux prélèvements de
carottes glacières, des scientifiques russes sont en effet sur le point
de trouver l'entrée de ce monde tenu éloigné de la lumière depuis plus
de 20 millions d'années. On est impatient de savoir ce que peut
renfermer le Vostok.
«Les scientifiques sont extrêmement heureux à propos des formes
de vie qui peuvent être trouvées là-bas, mais sont tout aussi préoccupés
par la contamination du lac avec les fluides de forage et les bactéries,
et par le risque de dégazage explosif pour ce corps d'eau qui a des
concentrations particulièrement élevées d'oxygène et d'azote.»
Avant 1990, on ne connaissait pas l'existence du Vostok. C'est
grâce aux avions DC-8 de la Nasa équipés d'un radar laser qui pénètre la
glace et d'un compteur de gravité que l'on est aujourd'hui en mesure de
découvrir ces lieux enfouis. Un monde enterré plus grand qu'on ne
l'imagine selon le Washington Post, et que l'on découvrirait pour la
première fois en franchissant les portes du Vostok.
«Atteindre le lac Vostok représenterait le premier contact
direct avec ce que les scientifiques savent maintenant d'un réseau de
plus de 200 lacs sous-glaciaires en Antarctique dont certains existaient
lorsque le continent a été relié à l'Australie et lorsqu'il était
beaucoup plus chaud. Ils restent liquides à cause de la chaleur du cœur
de la planète.»
Selon le
site français de la BBC, ce
projet ambitieux dont on dit qu'il révèlera peut-être les origines de la
Terre, divise les chercheurs, certains remettant en doute sa pertinence. **********
Vostok, base Russe en Antarctique 30.décembre 2010.
Sous la glace, une plongée à travers les âges
Olivier Dessibourg ( le Temps 29.12.10
)
La base russe de Vostok.
La calotte antarctique recouvre un monde inconnu. Un lac 70 fois plus
volumineux que le Léman qui dort en dessous depuis des millénaires
devrait bientôt livrer ses secrets. Les chercheurs espèrent y trouver de
nouvelles formes de vie
Sombre et fuyant, c’est l’un des Graals scientifiques de ce début de
siècle. Sombre, car l’objet de tant de désirs se trouve enfoui sous des
kilomètres de glace, au bout du monde, et n’a pas vu la lumière du jour
depuis 14 millions d’années. Fuyant, car c’est de l’eau, douce. Trois
équipes sont en course pour extraire le précieux liquide de l’un des 150
lacs repérés sous la calotte polaire de l’Antarctique. Et avec lui,
peut-être, des formes de vie microbiologique vieilles comme la nuit des
temps, voire inconnues. Une découverte qui stimulerait la recherche de
vie extraterrestre sur des corps célestes, comme Europe et Callisto,
deux lunes de Jupiter dont la surface gelée couvrirait un océan.
En 2012-2013, les membres du British Antarctic Survey
vont percer un trou à travers 3 km de glace jusque dans le petit Lac
Ellsworth, dans l’est du continent. Et les Américains du
projet Wissard vont
pénétrer dans le Lac Whillans près de la banquise de Ross, qui, lui,
est connecté à l’océan par des canaux subglaciers. Mais les vainqueurs
de cette épopée seront probablement les Russes.
A leur base de Vostok, au milieu du désert de glace, ils vont
achever leur carottage de près de 3,8 km, commencé dans les années 1990,
afin de goûter à
l’eau
d’un lac lové dans un bassin totalement isolé. Et cela «à fin
janvier 2011, peut-être», glisse Valery Lukin, chef de
l’Institut de recherches arctiques et antarctiques de Saint-Pétersbourg.
Il a obtenu le permis de forage des autorités russes le 23 novembre,
après avoir déposé auprès du
Secrétariat du
Traité de l’Antarctique
son Evaluation environnementale complète, un document attendu depuis
2003 par la communauté scientifique. Les travaux doivent commencer en
cette fin décembre.
Confirmé par des images satellites en 1993, le lac Vostok est vaste de
15 500 de km2, profond en moyenne de 400 m mais de près du triple par
endroits, et volumineux comme 70 fois le lac Léman. Il est recouvert par
un des glaciers formant la calotte. A son contact, l’eau du lac s’est
mise à geler, formant de la «glace d’accrétion».
A la fin des années 1990, les Russes, étudiant le paléoclimat de la
Terre en recourant à des carottes de glace, sont parvenus à extraire des
fragments de cette glace d’accrétion. Provoquant une dispute entre deux
groupes qui l’ont analysée. Le premier, emmené par
John Priscu, de l’Université du Montana, y a
découvert une concentration élevée de bactéries (des milliers par
millilitre). De quoi susciter des espoirs fous, même si cette
communauté présentait une faible biodiversité.
Le doute a été soulevé par un groupe franco-russe, remarquant une
ressemblance de ces micro-organismes avec des espèces connues. Sergey
Bulat, de l’Institut de physique nucléaire de Saint-Pétersbourg, en
faisait partie: «Oui, nous avons aussi trouvé des bactéries, mais la
majorité proviennent de sources de contamination.» Première d’entre
elles, le kérosène utilisé pour remplir les puits de forages, qui ne
gèle pas et permet de maintenir ceux-ci ouverts, mais qui n’est pas
stérile.
Le débat est relancé lorsque les Russes annoncent tout de même une
bizarrerie: la signature ADN de trois espèces de bactéries thermophiles
vivant habituellement dans une eau avoisinant les 50 à 95 °C, dont deux
inconnues au bataillon des microbes. Et une autre controverse de naître:
«Certains scientifiques estiment qu’il existe des sources hydrothermales
au fond du lac», dit Martin Siegert, glaciologue à l’Université
d’Edimbourg. D’autres n’excluent pas que des événements sismiques aient
pu avoir lieu jadis – ce qui expliquerait l’existence de failles
profondes –, mais doutent que l’activité tectonique soit aujourd’hui
telle que des fumerolles chauffent encore l’eau.
«C’est dans les profondeurs du lac que se trouvent les choses les plus
intéressantes, estime John Priscu. Mais toutes les spéculations
resteront vaines tant qu’on n’y aura pas pénétré. Alors faisons-le!»
Tous ses pairs ne sont pas d’accord avec lui. Dès 1998, craignant une
contamination de cet environnement peut-être unique, ils ont demandé aux
Russes, par ailleurs fortement freinés par des problèmes techniques ces
dernières années, de s’assurer de certains aspects écologiques avant
d’aller de l’avant.
«Nous avons fait toutes les études nécessaires», indique aujourd’hui
Valery Lukin. Par exemple, la glace située juste sur la surface est
composée de très grands cristaux (1,5 m de diamètre), si bien qu’«il est
impossible que le fluide utilisé dans le forage filtre dans le lac». Les
techniciens russes ont aussi développé une nouvelle «tête de forage».
«Le fond du trou se trouve actuellement à 3650 m de profondeur. De là,
nous allons forer jusqu’à 3725 m avec la technique mécanique
habituelle», dit Valery Lukin. Puis les chercheurs utiliseront une sonde
thermique qui va faire fondre la glace et se glissera à travers elle
jusqu’au lac, environ 25 m plus bas. Le tout avec un lubrifiant plus
propre que le kérosène (de l’huile de silicone) et moins dense que
l’eau, offrant la garantie qu’il ne coulera pas dans le lac. «Nous
attendrons probablement la saison 2011-2012 pour tenter les derniers
mètres. Mais comme nous ne savons pas exactement où se trouve
l’interface eau-glace, la percée pourrait avoir lieu au début février
2011 déjà…»
La différence de pression entre le fluide de forage et l’eau du lac
devrait alors faire remonter cette dernière dans le trou, où elle
gèlera. Les scientifiques iront récupérer cette eau de regel, afin de
l’analyser. A moins que les choses tournent moins bien:
certains spécialistes ont estimé en 2003 que, vu l’immense concentration
d’oxygène dans l’eau – 50 fois plus grande que dans la mer –, percer ce
réservoir subglacier le ferait dégazer et exploser comme une bouteille
de champagne bien secouée… Des allégations que réfute Valery Lukin,
se basant sur ses propres analyses.
«Il est impossible d’éliminer tous les risques», résume Manfred Reinke,
secrétaire exécutif du Traité de l’Antarctique. Mais les Russes, qui
viennent d’investir 975 millions de dollars sur 10 ans pour consolider
leur présence en Antarctique, «ont satisfait au mieux à toutes les
exigences environnementales, dans l’esprit du Traité. C’est crucial, car
lorsque l’entrée dans le lac sera faite, ce sera un moment très émouvant
pour la science.»
Raphaëlle O'Brien
On a appris début décembre 2010 qu’il ne faudrait plus que quelques mois
aux Russes pour qu’ils achèvent la percée des 4.000 m de glace qui
recouvrent le lac Vostok: fin février 2011, les eaux vierges que
recèlent le sous-sol de l’Antarctique seraient atteintes. Pourquoi
l’enjeu est-il de taille?
Le lac Vostok - NASA/Goddard Space Flight Center Scientific Visual
La calotte glaciaire recouvre des lacs isolés de l'extérieur depuis des
millions d'années. Les Russes vont bientôt percer la glace recouvrant le
plus grand.
Une découverte datant de 1996
Dans les années 1960, des savants émirent l’hypothèse qu’une mer de la
taille du continent européen existait sous les glaces de l’Antarctique.
Jamais on ne la découvrit. En revanche, on établit que la calotte
glaciaire dissimulait une multitude de lacs.
En 1996, une expédition britanno-russe qui étudiait le climat du
paléolithique depuis 1989 décela, en forant la glace, l’existence d’un
lac immense à l’aplomb de la base polaire russe de Vostok. On le baptisa
en conséquence, avant d’établir ses dimensions imposantes: situé sous le
niveau de la mer, il mesure 250 km de long sur un minimum de 50 de
large, présente une circonférence de 1.030 km, une surface de 15.500
km2! Quasiment l’équivalent du lac Ontario ou de deux fois la Corse. On
a par ailleurs repéré au moins 37 lacs sous-glaciaires, de plus petite
taille, dans les environs du lac Vostok, mais plus hauts sous la glace
et sans lien avec le géant. Les risques du forage vers les eaux
sous-glaciaires
Dès la découverte de Vostok en 1996, les
opérations de forage ont commencé, mais elles ont été interrompues à
deux reprises. La première fois en 1998, à la demande de la communauté
internationale, qui voulut que l’on attende de disposer d’une
technologie garantissant que ces eaux préservées ne soient pas
souillées. Les travaux recommencèrent en 2005, avec des moyens
techniques spécialement élaborés à cet effet, mais durent cesser de
nouveau en raison de la rupture d’une foreuse. La nouvelle tentative,
entreprise en 2009, devrait être la bonne. C’est en tout cas ce que
promet Alexandre Frolov, le directeur du Roshydromet (Service fédéral
russe d'hygrométrie et de surveillance environnementale), qui prévoit
d’atteindre les eaux du lac au cours de l’hiver 2010-2011. La prudence est toutefois de mise. En
effet, aux dires de Chris McKay, de la Nasa, il convient de faire très
attention en forant, «parce que les concentrations de gaz pourraient
rendre l’eau très instable et potentiellement dangereuse». Il n’est
pas absurde, selon lui, d’imaginer qu’elles pourraient provoquer une
explosion en surface. Dans ces conditions, ou dans l’éventualité d’un
contact malencontreux, faire connaissance avec l’écosystème
sous-glaciaire reviendrait aussi à prendre définitivement congé de lui.
L’avenir dira si la conscience d’une catastrophe a permis de l’éviter.
********************
Une équipe de scientifiques russes compte bien atteindre les eaux du lac
Vostok durant la saison 2008-2009, et peut-être découvrir une forme de
vie inconnue. Avec une superficie plus étendue que la Corse - environ 250 sur 50 kilomètres -, le lac Vostok, découvert en 1993 par le satellite d’observation terrestre européen ERS1, est le plus grand des lacs sous-glaciaires connus. Cachées sous 3.750 mètres de glace, à l'est de l'Antarctique, ses eaux sont restées à l’abri de tout contact avec le reste de la planète depuis au moins un million d’années, peut-être plus. A cause de cette situation unique, les scientifiques estiment qu’il pourrait abriter des formes de vie bactériennes primitives sans équivalent à notre époque, et certains n’hésitent pas à comparer leur éventuelle mise au jour à la découverte d’une forme de vie extraterrestre.
L'emplacement du lac Vostok repéré par ERS-1. Crédit
Esa
Dès 1998, une
Nikolaï Vassiliev, directeur de la chaire des technologies de forage de
l’Université de Saint-Pétersbourg, indique de son côté avoir déjà
identifié des protobactéries et des actinomycètes âgés d’environ 500.000
ans dans des prélèvements effectués à 3.000 mètres dans les années 1970,
alors que la présence du lac n’était pas encore connue.
Au cours de cette
saison 2007-2008, une équipe de scientifiques russes (52ème
expédition antarctique) a repris les travaux de forage, et
est parvenue à 90 mètres au-dessus de la surface du lac. «
Au cours de cette saison, nous comptons encore descendre de 50 mètres
supplémentaires. Nous devrions ainsi atteindre les eaux du lac au cours
de la période 2008-2009 », annonce Valeri Loukine, chef de
l’expédition.
Mais derrière le défi
technologique que représente un forage à cette profondeur se profile une
autre contrainte, celle de ne pas contaminer le milieu ainsi découvert
par des micro-organismes contemporains, qui ruineraient toute
observation ultérieure.
Aussi, la méthode
d’exploration adoptée par les Russes présente-t-elle toutes les
garanties de préservation du milieu voulues. L’opération de forage
actuelle se poursuivra jusqu’à atteindre un niveau situé à 20 mètres
au-dessus du niveau du lac. Une petite sonde thermique chauffée à haute
température sera ensuite glissée dans l’ouverture et poursuivra sa
pénétration en provoquant la fusion de la glace. Auto-stérilisée par sa
température, elle percera le plafond du lac et tombera en eau libre.
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Sommaire
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Histoire[modifier]
Le 16 décembre 1957 la seconde expédition soviétique en Antarctique
établit une station scientifique à Vostok. Celle-ci a fonctionné sans
interruption pendant plus de 37 ans. La station a été fermée
temporairement en janvier 1994. Aujourd'hui la station est devenue un
lieu de coopération international utilisé à la fois par les chercheurs
russes, américains et français.
Le 21 juillet 1983, la température record la plus basse jamais
enregistrée à la surface de la terre y a été relevée : -89,2 °C1.
La température y serait même descendue jusqu'à -91 °C pendant l'hiver
1997 mais ce chiffre n'a pas été confirmé par les scientifiques.
En 1996 les scientifiques russes et britanniques découvrirent le plus
grand lac sous la glace au monde, le
lac
Vostok, en dessous de la station scientifique. Le lac Vostok est
situé 4 000 mètres en dessous de la calotte glaciaire Antarctique et
s'étend sur une surface de 14 000 km².
Description[modifier]
La station est située à une altitude de 3 844 mètres au-dessus du niveau
de la mer. C'est la station scientifique la plus isolée du continent
Antarctique . Une distance de 1 253 km la sépare du
pôle
Sud géographique et la côte la plus proche ne se trouve qu'à
1 260 km. En hiver, il est pratiquement impossible de se rendre à la
station et ses habitants ne peuvent alors compter sur aucune aide
extérieure. Sa localisation à proximité du
pôle Sud magnétique (qui s'est déplacé depuis) en à fait un
emplacement idéal pour étudier les variations du champ magnétique
terrestre. D'autres études scientifiques dans les domaines de la
géophysique, de la climatologie et de la médecine y sont effectuées. La
station abrite en temps normal 25 scientifiques en été mais ce nombre
chute à 13 en hiver.
Climat[modifier]
La
plus basse température du monde a été enregistrée à Vostok le 21
juillet 1983 : -89,2 °C1
et la station est connue comme étant le pôle du froid de l'hémisphère
Sud. Mais on peut être certain que la température de l'air est descendue
plus bas en des points plus élevés de la calotte glaciaire Antarctique
puisque la température décroît avec l'altitude. Durant la longue nuit
polaire la température moyenne de l'air est de -65 °C tandis que durant
le bref été elle est de -30 °C. La température la plus chaude
enregistrée à Vostok est égale à -12,2 °C (11 janvier 2002). La
température mensuelle la plus basse a été enregistrée en août 1987 avec
-75,4 °C.
Vostok a un climat de type EF (Polaire d'Inlandsis) avec comme record de
chaleur -12.2°C le 11/1/2002 et comme record de froid -89.2°C le
21/7/1983. La température moyenne annuelle est de -54.1°C.
Source : Le climat à Vostok (en °C et mm, moyennes mensuelles
1971/2000 et records depuis 1973)[1]
Mais d'autres facteurs que la température y mettent à rude épreuve
l'organisme humain.
la sécheresse extrême de l'air ;
un vent dont la vitesse moyenne est égale à 5 m/s (18 km/h) mais
pouvant atteindre parfois 27 m/s (97 km/h) ;
le manque d'oxygène lié à l'altitude (3 844 mètres). Du fait que la
densité d' oxygène décroît lorsqu'on s'approche des pôles, la
densité d'oxygène à Vostok est comparable à la densité d'oxygène à
une altitude de 5 000 mètres à une latitude plus tempérée ;
une pression partielle des gaz différente de celle à laquelle
l'homme est ordinairement habitué ;
une plus forte
ionisation de l'air ;
un déficit de l'air en
CO2 qui
provoque des troubles au niveau des mécanismes de la respiration ;
une
nuit polaire qui dure 3 mois de l'année.
Le temps d'adaptation de l'organisme à des conditions aussi extrêmes
peut durer d'une semaine à deux mois et s'accompagne de maux de tête,
d'une sensation de suffocation, de douleurs aux oreilles, de saignements
de nez, de hausse brusque de la pression artérielle, de perte de
sommeil, de perte de l'appétit, de vomissements et d'une perte de poids
de 3-5 kg.
Forage de la calotte glaciaire[modifier]
Dans les années 1970, l'Union Soviétique effectua à Vostok une série de
forages
à une profondeur comprise entre 500 m et 952 m. Ces forages avaient pour
but d'étudier la teneur en
oxygène
isotopique de l'air emprisonné dans les calottes de glace et
permirent de montrer que ces calottes contenaient de la glace datant de
la dernière
glaciation à une profondeur supérieure à 400 m. Ensuite trois autres
forages furent effectués. Le trou 3G atteignit une profondeur finale de
2 202 m en 1984, le trou 4G atteignit une profondeur finale de 2 546 m
en 1990 et enfin le trou 5G atteignit la profondeur de 2 755 m en 1993.
Après une brève interruption durant l'hiver 1995 le forage du trou 5G
reprit et en 1996 il fut stoppé à une profondeur de 3 623 m à la demande
de la communauté scientifique sur la recherche en Antarctique qui
exprimait son inquiétude d'une possible contamination des eaux du lac
Vostok. L'étude de la carotte glaciaire extraite grâce à ce forage
permit de connaître le climat passé sur une période longue de
420 000 ans. Pendant longtemps ce fut la seule calotte glaciaire dont
les données couvraient plusieurs cycles glaciaires. Mais en 2004 la
calotte glaciaire de l'EPICA
permit de connaître le climat passé sur une période de temps encore plus
longue. En 2003 le forage put reprendre mais fut stoppé à une distance
estimée de seulement 130 m des eaux du lac Vostok.
Bien que le forage de Vostok atteigne une profondeur de 3 623 m
l'extrémité finale de la calotte ne contient plus d'informations
relatives au climat passé car il s'agit de glace provenant du regel des
eaux du lac Vostok. En fait seul les 3 310 premiers mètres de la calotte
glaciaire contiennent des informations exploitables pour la connaissance
du paléoclimat.
Le lac
Vostok gardera ses mystères une année de plus
Les scientifiques russes n'ont pas réussi à achever le forage des glaces et à atteindre à temps le lac Vostok, en Antarctique. Désormais, les conditions météorologiques rendent impossible tout travail et les scientifiques doivent attendre un an de plus pour percer les mystères du lac subglaciaire.
L'expédition russe envoyée en Antarctique a perdu sa
course contre la montre. Celle-ci devait avant le 6 février, date qui
marque la fin de l'été austral sur le continent, percer les quelques
dizaines de mètres qui la séparait du lac Vostok, le plus grand lac
subglaciaire du continent (voir notre article).
Mais le forage intensif de ces deux derniers mois n'a
pas suffi. Depuis la reprise en décembre dernier de ce projet, les
scientifiques se relayaient jour et nuit sur le site pour accélérer le
travail et tenter de l'achever avant la date fatidique. Selon les
dernières mesures, le forage avait atteint plus de 3.700 mètres de
profondeur.
Pourtant ce weekend, l'expédition s'est vu contrainte
de ranger son matériel et d'interrompre de nouveau son travail pour des
raisons climatiques. La fin de l'été austral marque le retour des
températures glaciaires et des vents violents, rendant impossible toute
activité. Ainsi, les scientifiques devront désormais attendre plus de 9
mois et l'autorisation de la commission nationale russe pour reprendre
le forage.
En décembre prochain, il se pourrait qu'ils
parviennent enfin à percer les derniers mètres de glace et à prélever de
l'eau ultra-pure du lac Vostok. Une fois analysés, ces échantillons
permettraient alors, après plus de 20 ans de travail, de révéler les
mystères de ce lac piégé depuis des millions d'années et qui pourrait,
selon les chercheurs, receler des formes de vie encore inconnues.